Quand la recherche appliquée devient un outil de développement régional

En plus de la recherche et de l’innovation, le développement régional est au cœur de la mission de Biopterre, notamment pour les projets visant le développement de cultures émergentes où la réflexion en « filière » prend tout son sens. Effectivement, il importe à l’équipe de Biopterre de s’investir dans des projets qui seront porteurs de développement et qui auront un réel impact pour les entreprises accompagnées. Il faut donc que la recherche s’inscrive dans un contexte plus large et soit connectée sur les différents éléments liés : approvisionnement, transformation, mise en marché, mode de consommation, etc. Le développement de la filière des noisettes en est en bel exemple!

En 2014, Biopterre a réalisé un diagnostic et une étude d’opportunités de la filière « produits forestiers non ligneux (PFNL) du Bas-Saint-Laurent » afin de mieux jauger de l’état de cette filière et des défis à relever pour la dynamiser. S’en est suivie la création d’un comité regroupant des représentants des 8 MRC de la région. L’objectif de ce comité est alors de diversifier et de dynamiser les activités économiques du Bas-Saint-Laurent en misant sur le développement de PFNL à fort potentiel commercial. Un choix clair s’est alors imposé quant à la culture à privilégier : celui de la noisette.

Le marché de la noisette

Le marché mondial de la noisette (ou de l’aveline) est en plein essor et croit de 5 % chaque année. Le marché canadien de la noisette repose essentiellement sur l’importation (90 %). On sait qu’en 2015, seulement au Québec, 132,7 M$ ont été investis pour des noisettes importées principalement de Turquie et des États-Unis. Ces données laissent croire à un potentiel et une stabilité de marché à long terme. D’autant plus que les changements climatiques perturbent les zones de rusticités habituelles.

Impact de la mise en place d’une nouvelle filière au Bas-Saint-Laurent

Bien que l’on dénote un engouement accru pour la culture des noix au Québec, aucune n’est cultivée à grande échelle. Effectivement, de nombreux défis scientifiques et techniques demeurent! Bien que certains cultivars de noisettes soient indigènes au Bas-Saint-Laurent, le noisetier à long bec (Corylus cornuta) et le noisetier d’Amérique (Corylus americana) notamment, ce sont des espèces sensibles à des ennemis qui affectent énormément leur productivité. La mise en place d’une filière nécessite l’implantation de cultivars plus productifs et résistants aux maladies.

Ce sont donc 22 producteurs qui ont embarqué dans l’aventure de ce projet de recherche visant à vérifier la rusticité de cultivars de noisetiers hybrides développés au Québec et à optimiser les pratiques d’implantations adaptées aux conditions de la région. À noter que ce projet de recherche, réalisé par Biopterre, est porté par l’organisme Les Saveurs du Bas-Saint-Laurent, dont l’expertise est de faciliter la commercialisation des produits agroalimentaires du Bas-Saint-Laurent. L’implication des Saveurs du Bas-Saint-Laurent est garante d’une bonne adéquation entre la recherche appliquée et, à terme, les besoins de mise en marché. De plus, il est important de noter qu’outre les 22 producteurs impliqués dans le projet, c’est un réseau de plus de 150 personnes qui sont intéressées par la suite du projet et qui pourraient être intéressées à faire partie de l’aventure dans les prochaines années.

Perspective à long terme

Se lancer en recherche appliquée sur le noisetier, c’est par contre accepter de travailler à long terme. Les noisetiers n’étant productifs que 8 à 10 ans après leur implantation, les résultats se feront bien sûr attendre. Et d’ici là le travail se poursuit. La seconde phase de recherche portera sur l’adaptation des méthodes de taille et de régies de culture tandis que la phase suivante portera sur la récolte et le conditionnement des noisettes et des coproduits (coques, rameaux, résidus, etc.). La volonté demeurant toujours celle de diversifier et de dynamiser les activités économiques dans la région du Bas-Saint-Laurent par la mise en place d’une filière de production et de mise en valeur d’un PFNL à fort potentiel commercial, le tout en utilisant la recherche appliquée comme outil de développement régional!

« Il importe à l’équipe de Biopterre de s’investir dans des projets qui seront porteurs de développement et qui auront un réel impact pour les entreprises accompagnées »
Maxime Tardif
Biopterre
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